

Jeudi 31 | |
| 00:04 | Les mercredis du Thabor : Et si on vous parlait de culture bretonne ? |
Vendredi 18 | |
| 00:05 | Quartiers d'été, portraits d'été |
Mercredi 16 | |
| 03:39 | Quartiers d'été : Vous reprendrez bien un petit bout de Zebda pour vos 15 ans ? |

Échanges de balles et de mots avec les détenues rennaises
rennes centre pénitentiaire femmes rennes tennis de table rennes Jacques secretin
Petit événement ce mercredi au centre pénitentiaire pour femmes de Rennes. L'établissement recevait en effet Jacques Secretin, champion du monde de tennis de table et multi-médaillé, et Cindy Ouamba, grand espoir dans cette discipline. L'occasion pour une dizaine de détenues de se défouler dans la bonne humeur, tant une raquette à la main qu'à travers leurs mots.

Pour la seconde fois Rennes Infhonet pénètre à l'intérieur de la prison des femmes de Rennes. Et pour le seconde fois, dans le cadre d'une activité sportive. Après les joueurs du Rennes Volley, c'est aujourd'hui un champion de France, d'Europe et du Monde de tennis de table, qui est venu taper la balle avec une dizaine de détenues : Jacques Secretin. Pour l'épauler, Cindy Ouamba, également championne de France dans la même discipline.
Ce matin donc, vers 9h30, tout ce petit monde, accompagné de représentants de Jeunesse et Sports, et suivi de près par une flopée de journalistes, pénétrait dans l'enceinte du centre pénitentiaire. À l'entrée, montrer l'autorisation et laisser ses effets personnels. Une fois le portique de sécurité franchi, les caméras et autres sacoches passées à l'infrarouge, il faut rester groupés pour passer ensemble les différentes portes qui s'ouvrent devant nous et se referment derrière.
Arrivée dans le grand gymnase, bâti il y a une dizaine d'années avec la forte implication des détenues. À l'intérieur, les tables de ping-pong sont déployées et les filles s'affrontent déjà dans la bonne humeur. En voyant une vingtaine de personnes ainsi débarquer dans cet univers habituellement très clos, surprise ! « On nous avait dit qu'il n'y aurait que deux personnes..., explique Marie. On ne savait pas qu'il y aurait des journalistes, avec des caméras. » « Si j'avais su, je me serais maquillée ! » Ce qu'elles ne savent pas, c'est que même avec leur autorisation, il est interdit de filmer ou photographier leurs visages.
Le sport, moteur de la vie en détention ?
Les quelques filles présentes sont toutes inscrites à l'activité tennis de table. À l'intérieur du centre pénitentiaire, cinq heures de sport par semaine, toutes disciplines confondues : « Il y a aussi de la musculation, du hockey, du badminton... », énumère Sylvie. « Et aussi des sorties, comme hier où nous sommes allés faire de l'aviron », poursuit l'une des surveillantes. Le sport fait partie des activités principales ici, en dehors du travail. « On s'inscrit partout ! Comme ça, ça nous fait sortir de nos cellules, ça nous change les idées », explique une détenue visiblement en manque d'activités.
Une telle importance du sport d'ailleurs, que Jeunesse et sports envisage plus que sérieusement de mettre en place une formation diplômante à l'intérieur de la prison, dans le cadre de leur réinsertion. « Sous réserve, si tout se passe bien, ça devrait être mis en place d'ici janvier 2009. Mais le fait qu'elles soient incarcérées, c'est beaucoup d'obstacles. Déjà parce qu'elles ont un casier judiciaire, or pour passer son diplôme d'entraîneur, il faut qu'il soit vierge. Ensuite parce que c'est compliqué d'emmener les publics pour la formation à l'intérieur, et aussi compliqué de les faire sortir, elles. »
Aujourd'hui, les choses se déroulent plutôt simplement. La matinée est censée débuter par une démonstration entre Jacques Secretin et Cindy Ouamba. Mais rapidement les filles prennent les raquettes et se dispersent sur les autres tables, en attendant d'affronter à leur tour les champions. « Il y en a une qui est vraiment très forte ! », admet Cindy Ouamba. Les équipes tournent, les filles sont ravies, on joue des coudes pour affronter de nouveau les deux spécialistes... « Ce qui me frappe, explique Jacques Secretin, c'est qu'elles ont beaucoup communiqué, dans la bonne humeur. Ça m'a touché. »
Jeu de balles et jeu de mots
Et communiquer, elles ne l'ont pas fait que sur « le terrain ». Ce genre d'événement, en effet, est aussi l'occasion pour beaucoup d'entre elles de voir du monde, de parler... C'est le cas de deux détenues, qui préfèrent rester sur le banc.
L'une d'entre elle est gênée par les caméras. « Si j'avais su qu'il y avait tout ce monde, je ne serais pas venue », lance-t-elle. Elle admet toutefois que ça la change de voir des gens. Elle n'est là « que » depuis trois semaines, mais supporte déjà très difficilement sa nouvelle vie et a envie d'en parler. Les yeux rivés sur les tables de ping-pong, elle explique : « Ici, les surveillantes sont gentilles, on mange bien, c'est propre... Mais ce qui est dur c'est d'être toutes mélangées, peu importe ce qu'on a fait. » Elle, ici pour travail dissimulé, partage sa cellule avec une détenue qui a tué, à plusieurs reprises. « Du coup, la nuit je ne dors pas, je me dis Et si elle recommençait ? Ça trotte dans la tête tout le temps... »
À côté d'elle, Sylviane semble avoir meilleur moral. Si elle soulève également ce problème, expliquant que ces filles là, elle ne les embête pas, mais ne leur parle pas, elle, préfère rester positive : « Je viens des gens du voyage. Maintenant au moins je sais ce que c'est que de vivre entre quatre murs, moi qui n'ai jamais eu de maison ! Et puis l'autre jour j'ai dit à une surveillante : moi je vais bientôt sortir. Vous, vous êtes là pour perpet' ! » Et Sylviane parle, et blague. Une surveillante a beau lui conseiller de ne pas trop en raconter, elle rétorque avec le sourire : « Il n'est pas né celui qui fera taire les gens du voyage ! »
Une matinée d'expression, donc, au centre pénitentiaire : par les mots ou par le corps. 11H30, l'heure est déjà venue de se séparer. Les filles remercient chaleureusement les intervenants, avant de retourner dans leur cellule, pour y prendre leur repas de midi. Peu après, les portes se referment déjà une à une derrière les visiteurs. La petite bulle se referme sur les détenues... « jusqu'à ce que d'autres personnes se déplacent de nouveau dans leur univers, explique une surveillante, leur apportent cette bouffée d'oxygène, leur montrent qu'on s'intéresse à elles... »
C'est bien de parler de ces femmes là, des femmes pleines de courage.A noter en complément, pour ceux et celles qui souhaiteraient aller un peu plus loin: les travaux de Gaëlle Sempé, de l'Université Rennes 2 qui a travaillé sur cet aspect du sport en milieu carcérale, notamment pour une thèse de doctorat en sociologie.
Sinon, pour Rennes Infhonet, attention aux fautes d'orthographe, fautes de frappes, de syntaxe ... et, par pitié, arrétez les phrases types, du genre "tout ce petit monde" ...

Découvrir le Mensuel de Rennes.











Jeudi 31






