

Jeudi 31 | |
| 00:04 | Les mercredis du Thabor : Et si on vous parlait de culture bretonne ? |
Vendredi 18 | |
| 00:05 | Quartiers d'été, portraits d'été |
Mercredi 16 | |
| 03:39 | Quartiers d'été : Vous reprendrez bien un petit bout de Zebda pour vos 15 ans ? |
Jérôme, 26 ans, remplaçant d'agriculteurs.
Remplacement Agriculteurs Rennes Ille-et-Vilaine
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les agriculteurs partent parfois en vacances. Mais pendant qu'ils se reposent, il faut bien que quelqu'un s'occupe de leurs bêtes. C'est le rôle de Jérôme Tondeux, remplaçant d'agriculteurs à temps plein sur l'Ille-et-Vilaine. Nous sommes allés à sa rencontre sur son lieu de travail actuel, pour découvrir cette activité peu connue.

Bienvenue à Hédé, sur une exploitation de vaches laitières. Jérôme Tondeux n'habite pas ici. Pourtant, le jeune homme de 26 ans vient tous les jours de la Mézière pour remplacer l'un des deux agriculteurs de cette ferme. "Il est parti en vacances. Son associé doit finir sa moisson et n'a pas le temps de s'occuper de la traite. Donc ils m'ont embauché pour la semaine." Jérôme s'habille pour commencer sa soirée de travail. Il enfile sa cote et ses bottes. "C'est surtout pour la bouse... ça gicle et ça tache." C'est parti direction le lieu de la traite : deux couloirs où viendront se loger une douzaine de bêtes toutes les dix minutes. Depuis la fosse séparatrice, Jérôme arrose les murs et l'entrée avec le jet. "C'est pour que ça ne colle pas. Car si la bouse tombe dans le lait, il risque d'être déclassé."
"Ca peut être deux jours comme une semaine"
Même s'il n'est ici que depuis lundi, Jérôme a déjà de la bouteille. "Je fais des remplacements depuis longtemps. Avant, j'étais salarié dans une exploitation de veaux de boucherie, et le week-end je faisais des remplacements. Juste pour découvrir les élevages, pas pour arrondir les fins de mois. Mais j'ai été licencié pour des raisons économiques. Donc depuis novembre, je travaille à temps plein pour Ille-et-Vilaine Remplacement." Ille et Vilaine Remplacement, c'est l'organisme qui fédère les différentes associations de remplacement d'agriculteurs sur le département. "Plus tard, je veux m'associer avec mes parents" confie Jérôme. "Mais avant, il faudra que je trouve une exploitation."
Le jeune homme ouvre les barrières : la première tournée de traite va pouvoir commencer. Six vaches s'avancent dans chaque couloir. Le jeune agriculteur accroche une à une les griffes sur les pis. Ce sont les appareils aspirant le lait. "Tac tac tac tac". La mécanique se met en route et le lait arrive dans les tuyaux. La traite, Jérôme connaît déjà : ses parents ont une exploitation de vaches laitières sur laquelle il donne un coup de main. "Mais le remplacement me permet de voir différents types de mécanisation. Par exemple, ici, c'est bien équipé : ils ont des logettes [ndlr: des enclos individuels et abrités pour les vaches] C'est aussi l'occasion de voir différents types d'élévages." Les élevages laitiers, les porcs, la volaille, et parfois même les veaux. Le temps passé sur les exploitations aussi varie du tout au tout : "ça peut être deux jours comme une semaine".
"Quand je ne fais rien, je touche 1 200 euros net par mois"
Une certaine indépendance qui n'est pas forcément synonyme de précarité. Selon Ille-et-Vilaine Remplacement (IVR), un "agent de remplacement" à temps plein touche entre 1 300 euros et 2 000 euros net. En fonction de son ancienneté et de ses compétences. C'est IVR qui salarie et paie Jérôme. Il a un contrat avec eux. En revanche, le service effectué par Jérôme est ensuite facturé à l'agriculteur remplacé. Et en cas de planning vide, IVR garantit à Jérôme une rémunération. Mais uniquement parce qu'il est salarié à plein temps. "Quand je ne fais rien, je touche 1 200 euros net par mois", avoue Jérôme avec un petit sourire. Tout en parlant, le jeune homme enchaîne les allers-retours : les griffes tombent sans arrêt. Et à chaque fois, mesures d'hygiène oblige, il faut les nettoyer avant de les remettre sur les pis.
"Quand on part de l'élevage, il ne faut pas une vache qui boite"
Et comme si ça ne suffisait pas, les bouses pleuvent. Dans la fosse, entre deux rangées de vaches, Jérôme est à hauteur de leurs pieds : la moindre bouse qui tombe et il est moucheté. Sans oublier l'odeur qui va avec. "Pour faire ce que je fais, il faut aimer le métier ! ", tient-il à préciser. "En plus, on ne peut pas prévoir mais il peut arriver plein de choses. Quand on part de l'élevage, il ne faut pas une vache qui boite. Donc si nécessaire, on passera 10 heures sur l'élevage."
Difficile quand on a des enfants. C'est le cas de Jérôme, qui en a deux. Heureusement, pendant les vacances scolaires, ce sont des jeunes, de futurs agriculteurs encore à l'école qui prennent la relève. "ça me permet d'avoir des vacances en même temps que mes enfants", sourit Jérôme.
"Maintenant, je ne m'en passerais plus"
Les griffes se retirent des pis. Encore une douzaine de vaches à traire. Le jeune agriculteur en profite pour tremper les pis dans une fiole de produit orangé. " C'est un désinfectant. S'il y avait une infection, nous serions obligés de jeter le lait de la vache pendant une semaine."
Jérôme se plaît dans son rôle de remplaçant. "Maintenant, je ne m'en passerais plus. Au début, j'avais un peu peur. Mais j'ai appris à m'adapter." Sur le tas, il a acquis plein de petites astuces. Au moment de s'assurer que les vaches ont encore de quoi manger, Jérôme s'aperçoit que le maïs broyé est trop loin pour elles. Mais l'allée est longue et il est déjà en retard. Pas de problème : il monte dans le tracteur et pousse le maïs près des auges. En trente secondes, le tour est joué.
Deux heures et demie après le début du service, il est déjà l'heure de remballer. Jérôme se change pour une tenue plus légère : short-T-shirt. Mais il ne reste pas ici, comme l'autre agriculteur de la ferme. Il est prêt à remonter dans sa voiture, direction La Mézière. On avait déjà oublié qu'il était remplaçant.
Pas clair votre msg Marcel. A qui est-il destiné? à Jérôme ou à moi? si c'est à moi= erreur d'appréciation pcq je suis une vieille pratiquante passionnée qui n'a jamais attendu de merci. Je me suis retirée du métier pour cause de fatigue et toute perclue de rhumatismes mais je l'aime encore ce métier, il me manque.
Bonjour Jeune hommeC'est avec un certain plaisir qu'une croyance ce developpe Alors bienvenue en religion
Maintenant l'important ces de pratiquer et peut etre alors aurra tu le plaisir de recevoir un MERCI (mais celui la ,il sont rare mais il tira droit au coeur) Passion rytme avec metier.
Courage

ça fait du bien d'avoir un article sur notre métier! manque les bonnes odeurs de bouse justement et le bruit familier de la machine à traire, la tasse de lait crû encore tout chaud, le jet d'eau et le racloir pour nettoyer les quais quand tout est fini...La prochaine fois vous nous faites une vidéo pour les petits ( et les grands) citadins.
Découvrir le Mensuel de Rennes.











Jeudi 31


