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Chez le marchand de plaisir...
sex shop rennes
RETRO. Cet été, nous vous proposons de revivre les articles les plus marquants de cette année 2007-2008. Une petite rue de Rennes, dans le quartier de la gare. L'enseigne en néon bleu clignote au-dessus de la porte : Sexshop, Sexshop, Sexshop... Impossible de deviner ce qui se cache derrière la vitre opaque. En posant la main sur la poignée de porte, mille situations cocasses viennent à l'esprit. Alors entrez et découvrez l'univers mystérieux du plaisir en rayon. Oreilles chastes, s'abstenir...

De la lumière, des couleurs vives, une pièce bien rangée et propre, le sourire d'Aymeric, le vendeur, qui m'accueille. Aucun rapport avec les images qui me sont venues à l'esprit en poussant la porte. À 30 ans, notre vendeur, étudiant en sexologie, a trouvé le terrain de jeu idéal pour faire ses premières armes.
Aymeric, est-ce qu'on peut dire qu'il y a un profil particulier de personnes qui fréquentent les sexshops ?
Non, il y a de tout. De 18 à 98 ans, des hommes et des femmes. Il y a tout de même des différences dans les comportements. Les femmes auront plus de mal à franchir l'obstacle de la porte mais ellent se libéreront totalement une fois à l'intérieur. Elles viennent le plus souvent en couple ou entre copines. Les hommes à l'inverse entrent plus facilement, seuls, mais une fois à l'intérieur ils ont plus de mal à parler de leurs envies, leurs petits tracas...
Vous êtes un peu psychologues alors ?
Oui, même si nous ne sommes pas médecins. Nous expliquons à des jeunes complexés que ce qu'ils voient dans les films n'est pas la réalité. Quand on leur dit que la moyenne en France pour la taille du sexe est de quinze centimètres, ils sont rassurés. Les femmes, elles, se posent beaucoup de questions par rapport à la sodomie ou à d'autres problèmes féminins plus médicaux. Aux hommes, on explique que même si cet endroit est tabou, il est important de stimuler sa prostate. Cela génère plus de cellules et diminue donc le risque de cancer.
Est-ce qu'il y a des objets de prédilection ici ?
Pour les femmes, ce serait plutôt les vibromasseurs, les jouets humoristiques, les boules de geisha ou la lingerie. Les hommes achètent souvent pour leur compagne, principalement des godemichés ou des produits aphrodisiaques. Pour eux, ils auraient un penchant pour la vidéo et les projections, avec un gros fantasme pour les infirmières ou le sexe hors-norme.
Vous êtes donc capable d'assouvir tous les fantasmes ?
Tout à fait. On trouve de tout ici en vidéo : des femmes fortes, des femmes mures, black, blanc, beurre, gay, bi, trans' et même des choses plus hors-normes type S.M., zoophilie, scatophilie, urophilie...
Tout cela me semble principalement tourné en faveur des hommes...
Oui c'est vrai. La pornographie malheureusement reste le dernier bastion où la femme, je crois, ne sera jamais l'égale de l'homme. Dans les années 80, il y avait encore une grande part de sensualité dans les films. Ça s'est dégradé ces dernières décennies, même si aujourd'hui commencent à apparaître de plus en plus de réalisatrices, qui réhabilitent un peu la femme.
Est-ce qu'on peut dire qu'il y a une certaine "perversion" à venir ici ?
Selon le jargon psychologique, oui. On vient ici pour assouvir un fantasme, rééquilibrer son mental. Les gens qui seront attirés par le scato, le zoo... ont souvent un gros malaise au niveau de leur conception de la nature humaine et de leur propre nature. Ils se sentent souvent supérieurs aux autres et notamment aux femmes. Un S.M. sera plutôt quelqu'un qui aura beaucoup de responsabilités dans la vie de tous les jours et qui voudra décompresser en inversant les rôles.
Et toi dans tout ça ? Tu n'es pas trop écoeuré par le sexe ?
Depuis cinq ans que je travaille ici, je suis passé par différentes périodes. Au début, on est euphorique devant tous ces gadgets qu'on découvre. On commence peu à peu à assimiler puis il y a cette petite période où on fait une overdose de sexe. Nous sommes obligés de regarder tous les films, pour s'assurer que tout est légal, que le DVD est bien gravé... Nous devons redéfinir notre propre sexualité. Moi ça m'a permis de savoir que je voulais devenir sexologue. Maintenant, c'est un travail et j'ai un rapport tout à fait normal au sexe.
Et il y a encore des choses qui arrivent à te choquer avec tout ce que tu vois ?
J'ai clairement repoussé mes limites et j'arrive à comprendre plus de choses. L'une des rares choses qui m'interpellent, ce sont les vidéos de soumission masculine. Quand on commence à voir du sang dans des vidéos, on se dit que ça va loin.
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