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mardi 19 août 2008 - 12:45
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Centre de rétention : "On doit avant tout exécuter les ordres"

centre de rétention de saint Jacques

RETRO. Cet été, nous vous proposons de revivre les articles les plus marquants de cette année 2007-2008. Le 4 juillet 2008, pour la première fois, le centre de rétention en activité ouvrait ses portes aux journalistes. Nous avons régulièrement donné la parole au collectif de soutien aux sans-papiers, aux sans-papiers, à la Cimade... Lors de cette visite, nous avons voulu en savoir plus sur l'état d'esprit des 83 militaires qui travaillent au quotidien dans ce centre.

En ce moment, dans le bureau de l'administration du centre de rétention, le tableau n'est pas aussi rempli qu'à l'habitude. « 28 personnes sont retenues actuellement. 26 hommes et 2 femmes. On n'a pas eu affaire à de famille depuis un petit moment. On tourne d'habitude avec une quarantaine de retenus dans le centre », lâche le major Guy Laisné, responsable adjoint du site. En tout, ils ont été 1039 sans-papiers, d'une soixantaine de nationalités différentes, à passer dans ce centre.

 

Devant le tableau blanc sur lequel le militaire s'appuie pour faire le point, tout est dit pour chacun : nom, prénoms, pays d'origine, mode d'arrivée, début de rétention, fin prévue, parfois départ... C'est le cas de ce Marocain, qui demain, sera expulsé vers Casablanca via un avion qui décollera de Roissy à 12h53...

 

Pour le Colonel Jean-Pierre Chenel, qui supervise la gestion du centre, pas question de s'apitoyer : « Il ne faut pas oublier que les gens qui sont ici ont enfreint la loi ! Ils n'ont pas de titre de séjour sur le sol français »

 

 

 

 

« Il y a une présence permanente »

 

 

Sur le terrain, pour encadrer tous les retenus, « il y a une présence permanente. On est dans la proportion d'un gendarme par retenu ». 8 permanents et un escadron de 75 militaires sont ainsi dépêchés sur le site. 61 dorment même sur place. Toutes les quatre semaines, l'escadron change.

 

Quatre semaines vues comme une punition ? Lorsque l'on signe pour être gendarme, est-on prêt à escorter quotidiennement des étrangers au tribunal, surveiller une cour, scruter les écrans qui retransmettent les images des 43 caméras disposées dans le centre ? « Pour nous, c'est une mission comme une autre », assure le chef d'escadron.

 

Pas de raison qu'il en soit autrement aux yeux du major, responsable adjoint du centre. Il garantit qu'ici tout se passe bien. « On est dans un centre à taille humaine. Ici, ça se passe bien. Il n'y a pas de difficultés. Il arrive même que les gendarmes prennent le sifflet pour faire l'arbitre ou qu'ils échangent quelques balles de ping-pong avec les retenus ».

 

 

 

Grève de la faim, automutilations, évasion...

 

 

« Notre leitmotiv : "la paix pour tout le monde". Par exemple, pour la répartition des retenus par chambre, lorsque l'on a de la place, on fait tout pour les mettre par affinités. Il faut savoir être accommodant pour éviter que ça dérape », explique le major devant la chambre de l'un des retenus.

 

Tout cela n'empêche pas certains problèmes qui échappent au fonctionnement. En effet, une quinzaine de grèves de la faim a été recensée par le médecin depuis l'ouverture et autant d'automutilations sont pointées par la Cimade.

 

En ce qui concerne l'évasion que le centre a connu, les gendarmes l'expliquent facilement : « C'était peu après l'ouverture du centre. Tout n'était pas encore en état de marche optimal ».

 

 

 

 

Des enfants dans le centre, un sujet qui ne met pas à l'aise

 

 

Devant les micros, le discours des militaires vis-à-vis de leur travail quotidien transpire la sérénité. Plus délicat cependant, lorsque l'on questionne sur la place des enfants au coeur du centre ? « Les mineurs ne sont retenus qu'avec leurs parents. Ca fait partie malheureusement du processus... », lâche un militaire moins bien dans ses baskets.

 

Le Colonel Chenel reprend : « Il faut replacer les choses dans leur contexte. Quand j'entends que l'on critique le fait qu'il y ait des familles avec des enfants au sein du centre de rétention, je réponds qu'avant ces familles habitaient dans des endroits insalubres, dans des vestiaires de salles de sports... » 

  

 

 

« On ne peut pas rester insensibles mais on doit avant tout exécuter les ordres »

 

 

Un gendarme défend : « On ne traite pas ces personnes comme des délinquants. On est humains, à l'écoute... On connaît même peu à peu individuellement chaque retenu. On fait notre boulot de la manière la plus pro qu'il soit ».

 

Un retenu interrompt la visite de presse : « Ma place est à côté de ma famille. Ma femme va accoucher et l'on veut m'expulser. S'il vous plaît aidez-moi ! ». Pas formés pour faire face à des situations aussi compliquées que celles présentes dans ce centre, les gendarmes s'adaptent.

 

Le chef de l'escadron en place constate : « Moi aussi, je suis père... On ne peut pas rester insensible à tout cela mais on doit avant tout exécuter les ordres. Quand on est convaincu de la mission pour laquelle on est là, il n'y a pas de problème...» Reste à savoir si tous ses gendarmes sont assez convaincus par leur mission pour l'assumer tout autant.

Benjamin KELTZ



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mercredi 20 août 12:07:07
jacot a ecrit:
langue de bois
Ces gendarmes pouvaient-ils déclarer autre chose ? L'armée est théoriquement la grande muette : vive la langue de bois!

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25 ans. Diplômée de l'IUT de journalisme de Lannion en juin 2006. Il y en a, comme Sabrina, qui n’arrivent à se motiver qu’à grosses doses d’adrénaline. Une fois son diplôme de journalisme en poche, elle met la presse locale entre parenthèses (journal de la Haute Marne, France bleu bourgogne, le petit journal Barcelone…). Sabrina se lance dans un périple de plusieurs mois à travers l’Amérique du sud. Rien de tel pour glisser des dossiers dans différentes publications (les clés de l’actualité, Barcelona TV…). Et puis elle se rend compte qu’il n’y a pas forcément besoin de parcourir des milliers de kilomètres pour vivre des aventures. La preuve, elle a tout lâché pour l’actu sociétale de Rennes Infhonet.
22 ans. Diplômé à l'IUT de journalisme de Lannion en juin 2006. Premiers pas dans le métier pour Mickaël au Télégramme de Brest. Au service sport, ça va sans dire! Footeux dans l'âme, il est le père d'une émission sportive qu'il a animé pendant deux ans dans une radio lannionaise, avant d'entamer un virage à 90° vers le Journal des entreprises à Brest. Alors qui de plus compétent que lui pour répondre à vos questions et suggestions sport?
22 ans. Diplômé en journalisme à l'IUT de Lannion en juin 2006. Sous ses airs de sage localier (Ouest-France, Le Journal de Vitré, Le Pays Malouin...) notre directeur de publication et responsable de la rubrique culture, ne s'est pas privé pour associer son nom à quelques magazines nationaux (parfois sulfureux!) que vous ne manquerez pas de connaître (FHM, Phosphore, Maxi, Endurance, Les Clés de l'actualité...) Une petite expérience de JRI à M6 Rennes et la présidence de la radio associative Talk To U à Lannion... Si avec tout ça il ne mène pas Rennes Infhonet à bon port!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

22 ans. Diplômé en journalisme à l'IUT de Lannion en juin 2006. Le sport, ça il aime, en témoigne son passage à France Football et au service sport de Ouest France. Mais comme il est moins costaud que notre footeux de Mickaël, il a plutôt opté pour la rubrique société. Sage décision! D'autant qu'après un petit crochet du côté de l'AFP, du Pontivy journal et quelques locales de Ouest-France, l'actu sociétale n'a plus de secret pour lui.
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