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Daniel Delaveau, l'homme derrière l'écharpe
daniel delaveau rennes maire
RETRO. Cet été, nous vous proposons de revivre les articles les plus marquants de cette année 2007-2008. En avril dernier, nous avions été à la rencontre de Daniel Delaveau. À 55 ans, il est devenu, le 16 mars dernier, le nouveau maire de tous les Rennais. De son enfance à aujourd'hui, retour sur le parcours qui a conduit Daniel Delaveau à poser ses valises à la mairie de l'une des plus importantes villes de France.

Nouvellement installé derrière son bureau de maire, Daniel Delaveau nous reçoit. Nous avions sollicité un entretien au lendemain de l'élection, afin de dresser à nos lecteurs un portrait du nouvel homme fort de Rennes. « Je n'aime pas trop parler de ma vie privée, mais quand on est une personne publique, c'est le jeu. » Alors, confortablement installé dans son bureau aux hautes fenêtres, avec vue sur la place, le chef du fil du PS rennais est revenu, depuis son enfance, sur le parcours qui l'a conduit ici.
« Je ne suis pas breton à la base. Je suis de Châlette-sur-Loing, à côté de Montargis, dans le Loiret. Mes parents étaient ouvriers et je fais partie d'une famille nombreuse qui compte six frères et soeurs. » C'est là-bas qu'il passera son enfance, et à Montargis qu'il suivra ses études secondaires, jusqu'à obtenir son bac en 1970. L'année suivante, direction Orléans, où il entame une prépa de maths, puis de sciences-éco.
Des jeunesses étudiantes chrétiennes au PS
C'est à cette époque que son engagement politique prend forme concrètement : « Vous êtes trop jeunes pour avoir connu ça, mais au début des années 1970, je me suis engagé au sein du PSU, le Parti Socialiste Unifié, dont le chef de fil était Michel Rocard. Puis plus tard, en 1974, au PS. »
C'est également durant ses années estudiantines qu'il s'engage aux côtés des Jeunesses étudiantes chrétiennes (JEC), association d'étudiants et de lycéens, censée oeuvrer à la responsabilisation des jeunes, à leur sensibilisation aux questions sociales et à leur accompagnement dans une démarche de foi. « En 1973, je suis devenu le président national des JEC et je suis donc parti à Paris, où, deux ans plus tard, je suis devenu journaliste pour l'hebdomadaire Témoignages chrétiens, jusqu'en 1978. »
Direction la Bretagne et la mairie de Saint-Jacques
1978. L'année où il quitte Paris pour venir poser ses valises en Bretagne. « J'avais répondu à un appel à candidatures pour un poste de responsable de communication à la Mairie de Rennes. Comme j'étais journaliste, ce genre de poste m'a intéressé. » Et voilà Daniel Delaveau responsable du service « Info-com » de la ville dont il deviendra maire trente ans plus tard. Une fonction qui lui permettra de créer notamment TV Rennes.
Mais, bien qu'il travaille à Rennes, c'est à Saint-Jacques qu'il trouve à se loger. « Je me suis alors engagé dans l'équipe municipale en 1983. À l'époque le maire était Georges Cano, mon prédécesseur, et j'étais adjoint. » De fil en aiguille, il devient cette même année vice-président du conseil d'agglomération, chargé d'abord de la communication, puis des transports. « On n'appelait pas ça « agglo » mais « district » à l'époque et il comportait 23 communes. Je l'ai suivi depuis ce temps-là. »
« A Rennes il y a une autre dimension, que je découvre »
Les fonctions, après cela, vont s'enchaîner. Et pas des moindres. En 1989 il succède à Georges Cano et est élu maire de Saint-Jacques. En 1994 il rejoint l'opposition au conseil général, avant d'en devenir vice-président, chargé du logement, en 2004, au moment où le département vire à gauche.
Il en est là lorsque, début septembre 2007, il démissionne de son poste de maire de Saint-Jacques pour se lancer dans la campagne municipale rennaise. « Au titre de l'agglo, j'avais suivi beaucoup de grands dossiers comme les transports, le logement... J'étais aussi professionnellement très proche d'Edmond Hervé. Il s'est trouvé que lorsqu'il a décidé de ne pas se représenter, on m'a sollicité et j'ai été candidat. »
Le 16 mars dernier, à l'issue d'une campagne qui l'aura opposé à six autres candidats, Daniel Delaveau devient maire de Rennes, avec plus de 60% des voix. « J'avais déjà l'expérience de cette fonction, mais à Rennes, c'est autre chose. Il y a une autre dimension que je découvre. »
« Nous ne sommes sur Terre que pour peu de temps. Il est très important de consacrer du temps à sa famille. »
Alors, après un mois dans l'ancien fauteuil d'Edmond Hervé, l'actuel maire s'imagine-t-il, dans ses rêves les plus fous, mener la même (longue) carrière que son prédécesseur ? « Je suis très attaché à la transmission et au passage de relais. Nous devons former les plus jeunes pour faire perdurer les valeurs, les idées que nous défendons. Et puis, nous ne sommes sur Terre que pour un temps et il est très important pour l'équilibre d'une vie, de consacrer du temps à sa famille. » Une famille de quatre enfants, âgés de 14 à 30 ans, et issus de deux mariages. Aucun d'eux pour l'instant, ne semble enclin à vouloir suivre les traces de son père en politique, pour ce fameux passage de relais.
vous avez oubliez l'absence de charisme et d'autorité, au sein même de son équipe municipale... ça promet !
Beau parcours monsieur le maire ! Surtout par rapport à votre situation sociale initiale. A cet égard, essayez, en tant que maire, et peut-être futur responsable politique national, d'encourager l'insertion des gens qui viennent du bas de l'échelle sociale, et qui, au vu de leurs efforts, méritent d'accéder à plus.
Parce ce qu'en réalité la société dit vouloir les aider, mais au fond c'est beaucoup plus compliqué que ça...

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