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Drogues par injections : un distributeur pour limiter la casse
distributeur de seringues rennes
RETRO. Cet été, nous vous proposons de revivre les articles les plus marquants de cette année 2007-2008. En janvier dernier, nous nous étions rendus à l'angle des boulevards Magenta et Liberté. Une jeune fille, la vingtaine, visiblement pas très en forme, se tient accroupie devant une grande boite grise sur le parking des impôts. Dans sa main, des aiguilles. Comme près de 250 personnes toxicomanes le feront cette semaine, elle est venue échanger, en tout anonymat, ses seringues usagées contre un kit d'injection neuf.

Albert Calipel est membre de l'association d'Addictologie, d'Aide, de Prévention et de Formation (AAPF). Depuis sept ans, c'est lui qui est en charge des récupérateurs et distributeurs de seringues à destination des toxicomanes. « Le premier a été installé en 2000 - 2001, suite à une épidémie de Sida et d'hépatite chez les personnes qui s'injectaient de la drogue. » Une seconde petite boîte est venue compléter celle-ci, boulevard de Chézy, en 2004.
Seringues neuves contre seringues souillées
Le principe est plutôt simple. La machine marche avec des jetons qu'il est possible de se procurer gratuitement dans quatre pharmacies de la ville (place Saint-Michel, place des Lices, au Colombier ou à l'angle de Janvier et Liberté ), auprès de centres d'accueil, mais également directement dans les distributeurs. « Il y a un tiroir prévu pour placer les seringues usagées. En échange, ils obtiennent un jeton. » Et contre ce jeton, une Steribox ; un kit propre d'injection. « Il contient deux seringues, une coupelle pour préparer le mélange, une fiole d'eau stérile, un tampon désinfectant, un préservatif... »
Chaque jour, le distributeur est rechargé et une fois par semaine, les déchets, considérés « à hauts risques », sont éliminés. « Les gens sont très sérieux. En sept ans, ça ne m'est arrivé qu'une ou deux fois de retrouver du matériel qui traînait à côté. Par contre il est très difficile de les maintenir en bon état de marche. Certains s'impatientent quand les machines sont vides et les vandalisent. »
Depuis que cette politique a été mise en place en France, en 1995, on a vu divisé par quatre le nombre de séropositifs chez les personnes s'injectant des drogues. Rien qu'à Rennes, malheureusement ou heureusement, le rendement des petites boites grises s'élève à plus de 11 000 distributions par an. « Elles permettent d'obtenir du matériel propre lorsque les pharmacies, les centres d'accueil sont fermés. La nuit, le dimanche et les jours fériés. » Mais leur côté anonyme évite aussi à ceux qui ne le souhaitent pas, d'avoir à se confronter à un regard extérieur.
Trouver l'équilibre entre liberté et accompagnement
Là est toute la question. Faut-il respecter la liberté de ces personnes en difficulté, en limitant au mieux la casse de cette descente aux enfers ou agir pour les en tirer contre leur volonté ? Pour tenter de trouver un juste compromis, l'AAPF travaille en relation étroite avec d'autres organismes.
C'est le cas par exemple de l'association AIDES et de son programme Interm'Aides, dont fait partie Cécile. « Nous accueillons ces personnes trois après-midis par semaine. Nous échangeons et récupérons les seringues, proposons une aide pour le logement, pour l'emploi... » Mais plus que cela, l'association se veut dans une démarche citoyenne « pour leur réapprendre qu'ils ont des devoirs, mais aussi des droits, des choses à dire. Ils finissent par ne même plus voir les discriminations dont ils sont victimes. »
Le public, chez AIDES, est jeune, entre 20 et 30 ans, et vit le plus souvent dans une grande précarité. « 80% d'entre eux vivent dans la rue ou en squat. En plus de la drogue, ils mangent mal, les conditions d'hygiène et affectives ne sont pas vraiment au top... Leur espérance de vie n'est pas très prolongée. »
La jeune fille, boulevard Magenta, s'éloigne, la tête rentrée dans les épaules. Dans ses poches, quatre nouvelles seringues propres. Une plongée un peu plus profonde, certes, dans l'enfer de la drogue, mais qui la préserveront, au moins un temps, d'autres fléaux tout aussi meurtriers.
Le coin pratique : les distributeurs et récupérateurs de seringues sont situés sur le Boulevard de Chézy et à l'angle des boulevards Magenta et Liberté. / AIDES : 36 rue de l'Alma, face à la prison pour femmes.
Cela me fait plaisir de revoir cet article aujourd'hui car j'ai rencontré un homme hier travaillant ds le milieu des conduites adictives.J'ai exposé ma vision des choses (un peu dure à certains égards).
J'ai trouvé un professionel, un technicien, un psy, un homme particulièrement averti d'un calme et d'une écoute sans précédents.
A ce titre j'aurais tendance à revoir ma copie rapport à mon commantaire concernant cet article d'il y a quelques mois; en émettant tout de même quelques réserves déontologiques; comme quoi; rennesinfhonet sucite le débat et qu'il se poursuit ds le voisinage, au fil des rencontres...
bonnes vacances pour ceux qui y st et bon courage pour les autres!!

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