

Jeudi 31 | |
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Vendredi 18 | |
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Journaliste en mode pigiste
journalisme pigiste rennes collectif Objectif plume
Payés à l'article écrit ou à la journée travaillée, les pigistes forment le plus gros de certaines rédactions. Dans le coin, difficile de savoir combien ils sont exactement. Ils travaillent souvent seuls, de chez eux. Ce vendredi, 75 journalistes se réunissent au TNB pour la deuxième édition de la journée des pigistes de l'Ouest. Focus sur cette profession méconnue avec Carole André, présidente de l'association Objectif plume, organisatrice de la journée.

Carole André, expliquez-nous ce qu'est un pigiste ?
Un pigiste, c'est quelqu'un qui collabore pour un ou plusieurs médias mais qui n'est pas intégré au sein de la rédaction. Il peut travailler en presse écrite, radio, télévision ou web. Un pigiste travaille à la tâche, il est payé à l'article... Après, tout est différent selon les médias, le nombre de collaborations, d'employeurs.
Justement, votre parcours à vous, il ressemble à quoi ?
Il n'y a pas de situation type. C'est aussi pour cela que c'est difficile pour les pigistes de se faire entendre et reconnaître. Pour ma part, je suis dans la presse écrite. Je travaille pour des magazines culinaires et féminins mais aussi sur des sites internet. J'ai aussi travaillé pour la presse locale. Maintenant, je suis plus spécialisée gastronomie et tourisme.
Le travail de fond d'un pigiste, c'est d'être hyper spécialisé ou en avance sur les autres ?
Il ne faut pas forcément être en avance mais savoir proposer des sujets à différents médias. Pour un rédacteur en chef, il faut savoir être une force de proposition. Un pigiste qui marche bien c'est quelqu'un qui sait proposer des choses différentes. Un même sujet peut être décliné en plusieurs papiers et vendus à différents médias.
On dit souvent que le statut de pigiste est précaire.
La précarité, elle se situe de deux façons différentes. La première, c'est monétaire. C'est mal payé. Après ça va du tout au tout. On connaît des pigistes qui gagnent plus de 4000 euros par mois. D'autres galèrent, de petits trucs merdiques en petits trucs merdiques. Il faut jongler entre les assedics et la pige avec tous les embêtements des papiers que te demandent les assedics, les impôts.
Et puis, il y a la précarité du statut. On ne sait jamais. Il y a une grosse dose d'incertitude. Est-ce que je travaillerai toujours pour tel ou tel canard ?
Est-ce que l'on vient à la pige par choix ou par contrainte ?
C'est très différent d'une personne à l'autre. Moi j'ai commencé à faire ça en attendant autre chose et puis finalement, je me suis rendue compte des avantages de la pige. On a une grande liberté, on peut gérer son travail, manier son reportage comme on le sent, bosser comme on veut. Une fois que ça commence à bien marcher, c'est plus facile.
Justement, comment ça devient plus simple ? Qu'est-ce que vous dites aux nouveaux pigistes qui se lancent ?
Le premier truc, c'est de bien cibler les médias avec lesquels on veut bosser. Il faut bien les lire, les décortiquer, bien cerner la ligne éditoriale. Après tu décroches ton téléphone et tu soumets deux ou trois sujets qui collent bien avec ce qu'attend le rédacteur en chef. Il ne faut pas avoir peur de téléphoner pour vendre son papier. Surtout, si ça ne se vend pas, il ne faut pas être déçu. Ca se fera sous une autre forme. Au début, tu écris beaucoup de synopsis d'articles et beaucoup ne sont pas pris.
Après, les rédactions prennent plus facilement des sujets,dès qu'ils te connaissent. Ils ont plus confiance. A force de discuter avec les rédacteurs en chef, on sait ce qui va les intéresser. Le plus dur, c'est de faire son trou. Pour moi, ça m'a pris deux ans. J'ai même dû faire de l'intérim et enchaîner les CDD au Télégramme pour me lancer.
A mon avis, il ne faut rien refuser et ne pas se formaliser sur certains trucs. Il faut être assez ouvert et ne pas se dire, par exemple, je ne veux pas bosser avec ce journal parce qu'il est de droite. Il faut savoir ce que l'on veut. C'est bien de vendre son sujet, non ? Mais sur toutes ces questions, il y a autant d'avis différents que de personnes qui pratiquent la profession.
9h00 : Accueil
9h30 : La collaboration, recettes de collectifs de journalistes pigistes.
10h15 : Le choix des angles et la rédaction de synopsis : comment s'y prendre ?
11h00 : La précarité du statut de pigiste : qu'en est-il ?
12h00 : ateliers, au choix : les impôts, Piger pour des support Internet, visite du TNB.
12h30 : pause repas bio, rendez vous au Muséum café, à deux pas du TNB.
14h00 : Qu'est-ce qu'un pigiste régulier ?
14h30 : Les relations avec les rédactions : comment entretenir un lien durable ?
15h15 : Qu'est-ce qu'une bonne proposition de sujet : le point de vue de Didier Le Corre, rédacteur en chef de Bretons.
16h00 : Piger depuis l'étranger, voyage occasionnel ou correspondance régulière.
16h45 : Rencontre avec Laurent Léger, grand reporter et écrivain, actuellement rédacteur en chef du site d'information Bakchich.info.
Découvrir le Mensuel de Rennes.











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