

Jeudi 31 | |
| 00:04 | Les mercredis du Thabor : Et si on vous parlait de culture bretonne ? |
Vendredi 18 | |
| 00:05 | Quartiers d'été, portraits d'été |
Mercredi 16 | |
| 03:39 | Quartiers d'été : Vous reprendrez bien un petit bout de Zebda pour vos 15 ans ? |
La Courrouze : quid des terres polluées ?
courrouze rennes pollution habitants
La Courrouze, un éco-quartier ? C'est en tous cas comme tel qu'on nous le présente. Pourtant, des questions se posent du côté des riverains, concernant les tonnes de terres polluées présentes sur le site et le sort qui leur sera réservé. Habitants, mission environnement et Verts se répondent sur la question.

Ancien terrain militaire et terre d'accueil du GIAT (fabrication de munitions, douillerie...), la Courrouze « s'apprête » à devenir un tout nouveau quartier, en bordure de la rocade sud. Mais si l'armée a bel et bien déserté les lieux, elle laisse derrière elle une terre chargée de son histoire. Ou plus concrètement de métaux lourds.
Et voilà donc nos riverains inquiets du sort qui sera réservé à ces tonnes d'indésirables terres polluées. « On ne nous dit rien, explique l'un d'entre eux, qui se dit prêt à se monter en collectif. Qu'est-ce qu'on va faire de cette pollution ? Est-ce qu'on va confiner cette terre ici ? La transporter ailleurs ? Si oui comment ? Et si elle est réutilisée, comme on l'entend dire, peut-on être certains qu'il n'y aura aucun danger pour nous, qui vivons à côté ? »
Il y a quelques mois déjà, à l'heure de la campagne municipale, les Verts avaient soulevé le même débat, axant davantage leurs critiques sur le manque d'informations faites aux riverains : « Il y a un vrai problème de transparence, d'implication des futurs habitants, explique Matthieu Theurier, du parti écolo. Comme nous n'avons plus d'élus à la Mairie, c'est très difficile d'avoir accès à ce type de dossier, mais nous allons appuyer les demandes des habitants d'en savoir plus. »
Deux solutions : l'extraction ou le confinement
Pour y voir un peu plus clair, nous avons contacté Eric Beaugé, chargé d'opérations pour la société d'aménagement Territoire et qui aura à gérer cette dépollution. Précisément, il explique aux riverains le devenir de ces terres polluées. Régulièrement, explique-t-il, des prélèvements ont été réalisés et des études spécifiques ont été menées par la Dass, la Draf, la Drire, la Préfecture et la cabinet HPC Envirotec. « Ces différents prélèvements ont mis en évidence un niveau de pollution incompatible à certains endroits, d'après les normes en vigueur, qui sont, je le précise, de plus en plus draconiennes. Dans ce cas, nous avons deux solutions : soit son extraction, soit son confinement sur place. »
Un mur anti-bruit en bordure de rocade
La poire a donc été coupée en deux et une partie des terres a déjà été évacuée à l'extérieur de la ville, dans une décharge agréée de Laval (10 000 tonnes pour l'instant). Pourtant, Nicolas Jouhier, d'HPC Envirotec, bureau d'étude chargé de la maîtrise d'oeuvre des travaux de dépollution, soulève les limites de ces transferts. « Il y aurait un volume important à transporter, 10 000m3, ce qui pose un problème de gestion environnementale et de bilan carbone. Un camion, c'est 16m3. Il faudrait en faire rouler 625 en tout jusqu'à Laval. Ce n'est pas très intelligent en matière de développement durable. »
Du coup, l'autre partie des terres polluées sera confinée sur place, et réutilisée pour la construction d'un mur anti-bruit en bordure de rocade. « Évidemment ce merlon sera recouvert de toutes les protections nécessaires, avec une géo-membrane en matériaux inertes et une végétation, dessus, dessous et sur les côtés, précise Eric Beaugé. Et puis, ce sont certes des métaux lourds, mais sans mercure ni produits toxiques. »
« Il faudrait un contact direct de 30 ans pour avoir un risque potentiel »
Selon Nicolas Jouhier aussi, les risques pour la santé des riverains sont plus qu'infimes : « Quand il y a un changement d'usage sur un site, comme c'est le cas ici (d'industriel à habitations), le ministère exige une étude détaillée des risques. Il en est ressorti que le danger provenant de ces éléments-trace métalliques était lié au touché. Or, il faudrait un contact direct - ce ne sera de toute façon pas le cas ici - non pas de cinq minutes, mais de trente ans pour avoir un risque potentiel. Un peu moins pour les enfants. »
Et un risque de pollution via les eaux pluviales ? « Non plus. L'eau va percoler à travers la couverture végétale de 30 cm, mais ne sera jamais en contact avec les terres polluées grâce à la géo-membrane, au long de laquelle elle va glisser pour être récoltée dans une tranchée d'évacuation. »
Pour expliquer tout cela plus précisément encore, une réunion d'information pour les riverains devrait avoir lieu à la fin du mois d'avril, bien qu'Eric Beaugé estime que toute la transparence a déjà été faite sur le sujet. « Nous sommes allés vers les habitants, avons édité des journaux de chantier, qui traitent largement de la pollution et qui sont à disposition du public. Nous n'avons rien à cacher sur cette démarche extrêmement classique. »
Tout le monde, pourtant, ne semble pas d'accord avec cette analyse qui se voudrait rassurante. « Ce n'est pas vrai, répondait une personne « proche du dossier » mais qui n'a pas souhaité dévoiler son identité. Les terres sont bourrées d'Antimoine et de Chrome 6, à un niveau supérieur aux limites du centre de stockage des produits dangereux. » Interrogé sur la question, Eric Beaugé n'a pas démenti, expliquant que cette réunion d'information reviendrait sur la nature exacte des matériaux découverts, et qu'il fallait être patient... Il précise tout de même : « La démarche de depollution ne vise pas à rendre le site dans un état naturel d'il y a 300 ans. Ce qu'il faut, c'est traiter les matériaux pour atteindre une concentration en-dessous du seul admissible. »
Affaire à suivre donc...
Découvrir le Mensuel de Rennes.











Jeudi 31


