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"On se considère comme un orchestre de village"
Santa Macairo Orkestar Garden Party Rennes
Ils seront les vedettes de Garden Party demain soir. Eux, ce sont les musiciens du Santa Macairo Orkestar. Fanfare ska, musique world, tzigane ou balkanique, leur style se situe quelque part entre tout ça. Une chose est sûre : la scène rennaise, ils l'ont déjà testée, à Rock'n Solex en mai dernier. Bernardo, le clarinettiste, a répondu présent pour nous faire découvrir sa joyeuse troupe.

Santa Macairo Orkestar, ce n'est pas le nom d'une compagnie venue de Roumanie ou de Bosnie. C'est celui que s'est donné un groupe de musiciens du Maine-et-Loire mêlant ska, musique tzigane et fanfare. "Santa Macairo Orkestar" est une référence à leur petite ville natale au nom un peu moins sexy, Saint-Macaire-des-Mauges. "Nous, on se considère comme un orchestre de village, explique Bernardo, le clarinettiste. A l'instar des pays de l'Est qui sont là pour faire danser. On veut réactualiser la musique ethnique ou folklore qui nous plaît. La moderniser. Mais pas forcément la musique de l'Est. On n'a pas une étiquette Est ou yiddish", tient à préciser Bernardo.
Les mélodies de la joyeuse troupe du Santa Macairo nous rappellent quand même le No Smoking Orchestra. Avec qui le SMO a déjà joué d'ailleurs. "Les bandes-sons des films underground de Kusturica nous ont marqués", confie Bernardo. "Mais on pratique le métissage musical depuis bien avant ses films."
"Avec certains membres, on joue depuis 20 ans"
Car ce n'est pas parce qu'ils viennent tout droit d'un petit bled du Maine-et-Loire que les membres du SMO sont des novices. "Santa Macairo est né il y a six ans. Et avec certains membres, on joue depuis 20 ans. SMO est issu de deux groupes de Saint-Macaire qui ont joué pendant 10 ans." D'un côté, Namas Pamos, un groupe de "world music expérimentale", déjà présent au Printemps de Bourges en 1996 et aux Vieilles Charrues l'année précédente. De l'autre, Ramsès, "un groupe plutôt chanson rock" qui a eu la chance de jouer aux côtés de Tryo, Louise Attaque ou encore Marcel et son orchestre. "Quand ces deux groupes ont cessé leur activité, raconte Bernardo, certains de leurs membres se sont retrouvés autour d'Esteban, le pianiste de SMO, qui n'appartenait à aucun des deux groupes."
"On aime bien que les gens rêvent"
Depuis, sur scène, ils mènent un joli bordel qui ne laisse pas le public indifférent. La foule tape du pied, tourne et saute en rythme. Même les musiciens, comme Bernardo, dansent et y vont de leurs encouragements en tapant dans leurs mains entre deux notes de clarinette ou de trompette. " On est cinq personnages et on a une vieille complicité depuis longtemps, donc on s'amuse." Ils s'amusent tellement qu'ils vont jusqu'à inventer des mots qui n'existent pas, mais qu'on comprend quand même. Dans leurs chansons, mais aussi sur leur site, on s'arrête sur les expressions "Portraiti", "In koncerti" ou encore "Paparazaï", le nom de leur dernier album. Du Roumain? Du Tchèque? "C'est un mélange de langues existant ou non. En fait, on aime bien la musicalité de ces mots. Et on aime bien que les gens rêvent. Donc c'est une façon de leur faire faire un petit voyage" s'amuse Bernardo. Son ancien groupe, Namas Pamos, avait déjà inventé un drôle de langage et un pays imaginaire, la Lipomgalie.
"Dans un spectacle, on fait office d'orchestre de cirque"
Si les cinq complices de SMO se plaisent à inventer des mots et à jouer avec le public, ce n'est pas un hasard non plus. La comédie leur est plutôt familière."On travaille depuis deux ans sur Le Chapitô Bastringue, un spectacle mélangeant opérette et théâtre", confie Bernardo. C'est une collaboration avec des gens qui habitent près de chez nous. Dans le spectacle, on fait office d'orchestre de cirque. On accompagne des chanteurs." L'occasion pour Bernardo et ses acolytes de faire un peu les clowns. Ils portent des uniformes rouges avec des épaulettes géantes qui se secouent au moindre de leur mouvement."On est assez ouverts. Il faut sortir de sa petite bulle et se confronter à autre chose."
Pourquoi pas des concerts à l'étranger. "On essaie de développer ça. D'autant plus que notre musique a un petit côté universel. Elle parle à tout le monde. " En attendant, c'est le public de Rennes que le SMO rencontrera demain. Ce n'est pas leur premier rendez-vous. Santa Macairo avait déjà fait guincher les Rennais à Rock'n Solex en mai dernier.
Pratique :
Le groupe se produit ce jeudi soir à Garden Party avec L'atelier Grandelire, au square Jean-Guy. Ouverture des portes : 19h30. Prix : 7 euros.
Photo: DR
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