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Entre deux rames, ils tentent un roque...
Echecs Rennes Métro
Qui aurait cru qu'on jouerait un jour aux échecs dans le métro rennais? En tout cas, des joueurs de la région l'ont fait cet après-midi. Avec l'envie d'attirer les amateurs et les curieux. Entre deux parties, Michel Legault, à l'origine de l'opération, nous fait le tour du propriétaire comme il le fait avec les voyageurs qui passent par la station République.
"Il y a beaucoup de bruit, explique Michel Legault, vice-président du Comité Départemental des Echecs. Ce n'est pas forcément bon pour la concentration. Mais au bout d'une demi-heure, on s'habitue." S'il se sent gêné par le bruit, c'est parce qu'il joue aux échecs dans un endroit un peu particulier : le métro. Et plus particulièrement à la station République.
A ses côtés, trois joueurs d'échecs de la région de Rennes. Ils sont installés sur des tables, avec le matériel adéquat : des plateaux de jeu en plastique et des pions en bois. L'idée : inciter les passagers du métro à faire une pause pour jouer avec eux.
Michel Legault a demandé au STAR de s'installer dans les couloirs du métro vendredi dernier et aujourd'hui pour faire connaître son activité, et surtout l'Open International d'Echecs qui aura lieu la semaine prochaine à Rennes.
Classique, blitz...
Beaucoup de gens regardent en marchant, mais peu s'attardent et encore moins s'arrêtent vraiment pour tenter leur chance. Les trois joueurs chargés de l'animation font une petite démonstration pour attirer les passants. Un homme, la quarantaine, approche. "C'est un tournoi ? Comment ça se passe?" "Oui oui, vous pouvez jouer avec Simon, lui répond Michel Legault." "Il joue lui?" Simon, l'un des animateurs, est jeune. Il ne doit pas avoir 20 ans. Est-il capable de l'affronter ? Pour en avoir le coeur net, tous les deux s'installent autour de la table.
Deux tables plus loin, deux autres animateurs jouent l'un contre l'autre. Même si "le Blitz", c'est pour ce soir, ils en font une petite démonstration. Un pion est déplacé, aussitôt le joueur tape d'un coup sec sur la pendule digitale. Le compte à rebours de l'un s'arrête pour faire repartir celui de l'autre."L'objectif, explique Michel Legault, c'est de faire échec et mat avant les 5 minutes."
Effalm, brun aux cheveux longs tout sourire, prend de l'avance sur son adversaire qui n'a plus que 59 secondes au compteur. "Là, il est sûr de gagner" lance Michel Legaut. Quelques minutes plus tard, le pronostic est confirmé. En spectateur, un jeune barbu à l'allure décontractée, clope au bec et casquette kaki sur la tête observe la scène. Il est fasciné. Il veut défier le vainqueur. Une partie se lance à nouveau.
1 contre 4
Mais où sont les filles ? Nulle part. Absence totale de filles près des tables de jeux. Il y en a bien une ou deux qui se sont arrêtées quelques minutes. Mais sans plus. Ce n'est pas une surprise pour autant. Lors de l'Open International d'Echecs, la semaine prochaine, seuls 6 des 85 joueurs seront des femmes.
Une dame se lance. Elle vient discuter avec Michel Legault. Les cheveux blonds et courts, avec de petites lunettes bleues modernes, cette jeune retraitée s'est déplacée jusqu'ici pour récolter quelques infos. "J'ai commencé à jouer aux échecs en septembre. Je m'entraîne sur un jeu électronique. Je cherche un club pour progresser, mais je veux me retrouver ni avec des jeunes ni avec des gens trop vieux..." Michel Legault lui donne les adresses d'associations qui lui conviendraient. Mais pas question pour elle de tenter une partie aujourd'hui. "Les petits jeunes là, je ne m'y frotte pas", avoue-t-elle en parlant des animateurs.
Il faut dire qu'ils sont rapides. Et c'est encore une fois Effalm qui tient la vedette. Alors que quatre joueurs sont assis les uns à côté des autres avec chacun un plateau devant les yeux, il passe devant chacun d'eux à la chaîne et déplace un pion à chaque passage. Pendant qu'il s'occupe des autres adversaires, chaque joueur a du temps pour réfléchir à son coup. Mais Efllam, lui, doit mémoriser quatre jeux en même temps. Et bientôt cinq...puis six ! Car pendant qu'il joue, deux passants viennent s'incruster : Luc, 55 ans, et Hugo, 21 ans. "Je n'ai pas peur de me confronter à lui, lance Hugo. Et puis ça peut être sympa car c'est moins stressant qu'un jeu classique." C'est l'occasion aussi pour Efflam et ses amis de tester leurs limites pour le tournoi de la semaine prochaine. Tournoi auquel ils risquent d'affronter quelques uns des joueurs les plus titrés de la Fédération Internationale.
Pratique :
L'Open International d'Echecs a lieu du 28 juillet au 3 août à la Maison des Sports de Rennes. Entrée gratuite.
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Jeudi 31


