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DJ Nétik : "Un pote m'a montré ses platines, j'ai accroché direct"
DJ nétik rennes ubu dj nétik
Trois fois champion du monde, deux fois champion d'Europe... Derrière des platines, le Rennais DJ Netik fait partie des meilleurs DJ au monde. De ses premières platines volées à sa mère en passant par les championnats du monde, il profite de son passage samedi soir à l'Ubu pour tout nous raconter.
« Excuse-moi, j'étais dans mon studio, je n'ai pas entendu le téléphone sonner », se justifie Olivier, alias DJ Netik. Un triple champion du monde et double champion d'Europe qui prend la peine de vous rappeler, autant vous dire que ce n'est pas banal.
Parfois, la communication coupe. Le DJ habite dans la campagne rennaise. « Quand je dis à des Anglais ou même des Parisiens que je n'habite pas à Paris mais à Rennes, ils hallucinent. Moi j'suis bien ici ». Notre Rennais n'a jamais quitté sa Bretagne natale. C'est ici qu'il a appris à devenir l'un des meilleurs DJ au monde derrière deux platines.
« Un jour, un pote m'a montré ses platines et j'ai accroché direct »
Ca commence très tôt. En pleine adolescence, Olivier passe le relais à DJ Netik. « A l'époque, j'écoutais beaucoup de rap. Du français comme du US. Il y avait un truc que je kiffais par-dessus tout, c'était les mecs qui scratchaient derrière. Un jour, un pote m'a montré ses platines et j'ai accroché direct. J'ai pris celles du salon de ma mère et j'en ai ramené d'autres. » On est dans le milieu des années 90.
Le Rennais s'use les doigts sur différents vinyles, en achète beaucoup. Mais ce qui lui manque, c'est une vraie table. Alors, à 15 ans, il monte à Paris. Il a entendu parler d'un battle où une mixette Vestax est à gagner. « C'était une table qui était utilisée par les plus grands. Elle n'était même pas encore arrivée en France. Je voulais absolument l'avoir. J'y suis allé avec mes disques. A l'époque, je ne préparais pas vraiment mes trucs, j'étais dans le free style ». Bilan, il repart avec le précieux sésame sous le bras.
« Je voulais juste faire bonne impression. »
Et puis, DJ Netik commence à prendre de l'envergure. Dans l'Ouest, son style commence à accrocher. Jean-Louis Brossard, programmateur des Trans', scotche vite dessus. « Il m'a fait jouer aux Bars en Trans, à l'Ubu, avant même que je ne gagne quoi que ce soit. En 97 ou 98, je jouais déjà au Liberté ». Preuve que le programmateur de l'un des plus mythiques festivals français ne se trompe pas, en 2001, DJ Netik rafle tout ce qu'il y a à gagner ou presque.
« En 2001, je m'étais mis en tête de gagner les championnats de France. Si je voulais continuer là-dedans, ça passait par là. Alors je me suis entraîné pendant un an. Ca a été un peu plus facile que ce que je pensais. J'ai gagné à l'unanimité ». A 19 ans, il est champion de France. Mais ce n'est qu'un début. « Quand tu es champion de France, automatiquement, tu vas représenter le pays aux championnats du monde. Je n'avais même pas envisagé cela. Je voulais juste faire bonne impression. » Finalement, il fait grosse impression. Intimidé mais bien dans ses baskets, le jeune inconnu se frotte au gratin des platines. En face à face, il les sort un part un. « Il y a un esprit compet'. On s'envoie des vannes, on se chambre. J'ai été déstabilisé mais en même temps, je me suis tellement enfermé dans mon truc que j'ai passé tout sans problème. »
Avec un set qui tourne, DJ Netik continue les scènes. Son CV grossit à vue d'oeil. Les championnats du monde DMC (Disco Mix Club), en catégorie Battle for supremacy en 2001-2002 ; le championnat d'Europe All Star Beat Down et ITF (International Turntable Federation), catégorie "scratch" en 2002... Les amateurs apprécieront. Bref tout y passe.
« Quand j'étais petit, je croyais qu'une fois que t'es champion du monde, tout roule. »
« J'ai fait tous les battles et après, j'ai eu envie de faire d'autres trucs. La soif de la compet' ça se calme pas mal. Faire de la compétition, c'est à la fois un kiff' et avec tout le stress qu'il y a autour, c'est dur. C'est pas un truc que je ferais tous les jours ! » D'autant que ses titres ne le font pas spécialement monter en haut de l'affiche. « Quand j'étais petit, je croyais qu'une fois que t'es champion du monde, tout roule mais en fait pas du tout. Cela n'a pas une image si développée. Un programmateur, il va sen foutre tant que tu prouves pas que tu es un bon DJ et que tu ne scratches pas uniquement pour la performance. »
DJ Netik en profite alors pour s'ouvrir à d'autres projets. Il tourne avec un groupe hollandais rencontré sur les Transmusicales : Electric Barbarians. Il fait des apparitions avec Pat Panik, La Caution et même le Jazzman Eric Truffaz. « C'est Jean-Louis Brossard qui m'a appelé un jour en 2003. Truffaz était en résidence à l'Ubu pour enchaîner sur trois concerts. Il me dit "J'ai trop envie de te brancher avec eux". Moi, je suis venu avec mes platines. Les mecs étaient sceptiques. On a fait un test à la répet' et finalement, ils m'ont dit "viens jouer avec nous". C'est rare de jouer avec des jazzmen de ce niveau là. Moi, c'est sûr, je viens du hip-hop, mais ce n'est pas tout. Il faut découvrir d'autres choses. Il faut se faire plaisir sans pour autant calculer ».
2006 : le titre suprême
Mais le Rennais sait aussi réfléchir à son avenir. Pour continuer à prouver qu'il est l'un des meilleurs DJ au monde, il faut qu'il remette son bleu de travail. Objectif : DMC World DJ Champion 2006. « La plus prestigieuse. On a six minutes pour faire ses preuves. J'avais gagné les battles quatre ans avant, alors on m'attendait au tournant. Il y avait un Japonais, un Allemand et un Américain qui me faisaient flipper. Sur ce genre d'épreuve, si t'as bien passé ton chaud et que tu perds, c'est que le mec était meilleur ».
Encore une fois, ses doigts ne tremblent pas et il empoche le titre. Ce coup-ci, la reconnaissance ne se fait pas attendre. « Ca a été direct. Les programmateurs se sont rués sur mon myspace pour me booker à l'international ». Depuis, il fait date sur date. De son studio, concocté chez lui, il produit. « J'ai sorti un break beat disque qu'on utilise pour construire des sets. J'ai fait un DVD avec mes sponsors, sur lequel j'explique comment je fais. Je bosse sur un deuxième break beat. Et puis, j'aimerais bien faire un CD, mais ça ce n'est encore qu'un projet... »
Pratique :
DJ Netik jouera en fin de soirée pour la sortie de l'album de Nevrotic explosion / Dirty Fonzy / Bionik Dread / Boogaloo & Lotari / Vj Scouap
Samedi 10 Mai, à L'Ubu, 9 euros / 12 euros - 23:00 / 05:00
y a pas a dire , ce gars la , il déchire !! que de talent , dans tout pleins de domaines ..

C'est génial d'avoir ce genre d'article ! Merci ! Ca fait plaisir de voir des gars qui y arrivent alors que rien ne les destinait à ça !
Yo mec toi meme tu sais, Netik you are da best !!! chaque coup de scratch ta le droite à une claque !!!!!Peace
One !!!

Génial. Merci DJ Nétik. C'est dingue un breton, un ptit provincial qui est le best !
NETIK, trop fort ! et trop humble...La classe koi !!!

trop fort DJ Netik
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