

Jeudi 31 | |
| 00:04 | Les mercredis du Thabor : Et si on vous parlait de culture bretonne ? |
Vendredi 18 | |
| 00:05 | Quartiers d'été, portraits d'été |
Mercredi 16 | |
| 03:39 | Quartiers d'été : Vous reprendrez bien un petit bout de Zebda pour vos 15 ans ? |
Alee, chanteur purement rappé !
Alee rennes mythos alee rap
VIDEO. Ce vendredi soir, Alee, chanteur rennais, est à l'affiche de Mythos. Profitons-en pour mettre un coup de projecteur sur cet artiste atypique. Guitare à la main, il continue de rapper à sa façon. Pur produit de la scène rennaise, Alee fait son trou doucement, mais sûrement !
Il y a quinze ans, si vous aviez dit à Alee qu'il partagerait un jour une scène avec des groupes comme MAP ou L
Retour en arrière, milieu des années 90. NTM sortait "Paris sous les bombes" et Rennes s'imprégnait de la culture hip-hop. « On n'était pas beaucoup à la découvrir. On a commencé par quelques tags et de la danse, puis on s'est mis à écrire des textes. Pour s'occuper ».
Finalement, Alee et ses acolytes montent le T5A. Le collectif prend rapidement de l'ampleur. « On a vite percé pour finalement signer dans une grosse maison de disques. Tout s'enchaîne, passages en radio, en télé...» Les Rennais déboulent même sur le plateau de Charlie et Lulu pour le Hit machine (pour voir l'extrait). Mais en pleine ascension, l'aventure s'arrête. « On a fini par se faire dépasser par les évènements. La maison de disques avait une vision trop commerciale de la chose. Je me suis dit : "si c'est comme ça la musique, j'arrête". Tout le monde n'est pas d'accord mais, lui, claque la porte.
Il remonte un groupe : les Nouveaux nés. Le rappeur continue, pose sa griffe sur plusieurs collaborations sans pour autant attendre la gloire. Le cliché hip-hop grosse chaîne en or, filles aux déhanchés chaloupés, argent à flot... c'est la porte à côté. Il ne peut d'ailleurs pas se permettre d'arrêter tout pour la musique. Intérimaire la journée, artiste le soir, Alee continue. « Il faut bien manger. Mais même, c'est bien de continuer à bosser, ça nourrit l'écriture, on voit d'autres univers ».
Alee prend finalement un tournant sans même s'en rendre compte, en
« Quand j'ai commencé à poser mes textes sur ma musique, j'ai trouvé mon univers. Actuellement, c'est dans cette musique que je me retrouve le plus », assure-t-il.
Mélanger l'esprit rap dans l'écriture et le flow sur quelques accords de guitare, ça fonctionne musicalement, même s'il n'est pas encore sur l'autoroute du succès : distribution nationale sur un label, tournée... « Il y en a pour qui les choses s'enchaînent. Anaïs par exemple, on rêve tous d'un parcours comme elle. Et puis, il y a ceux pour qui ça prend plus de temps ». Il fait partie de ceux là. Son dernier album « Allons enfants », s'écoule à près de 3 000 exemplaires. Pas mal pour une auto production.
« Je sens que ça plaît. Les gens viennent me voir après les concerts. Certains me disent même : t'arrives à mettre des mots sur ce que je ressens ». Bref, il est persuadé que ça va marcher.
Pour lui, pas de secret. Le talent au placard, il a juste besoin de boulot : « J'ai des années et des années d'écriture. Au fil du temps, la plume s'affine ». S'affine et s'engage. D'ailleurs, quel concert garde-t-il le plus en mémoire ? « L'année dernière, j'ai fait une date pour soutenir les sans-papiers à l'Antipode. Il y a eu aussi Le Chabada, à Angers, pour un autre concert de soutien ».
« Il y a une partie de moi dans quasiment toutes mes chansons », glisse-t-il. Son sujet le plus récurent : l'immigration. « On me reproche parfois de parler trop de tout cela. Moi, je n'arrêterai pas tant que j'aurai le sentiment que ça n'ira pas mieux ». Dans le milieu artistique, s'appeler Alee ne pose pas de souci. Mais, il ne cherche pas longtemps pour trouver le contre-exemple : « Un jour, quand j'étais à la fac, un gars de la sécurité me demande ma carte d'étudiant pour s'assurer que j'étais bien étudiant. Je lui demande pourquoi. Pourquoi moi ? Il me répond : il y a quelques jours, on a eu des ordinateurs de volés. A un moment, quand j'étais plus jeune, je ne sortais plus dans le centre. Pas envie de me faire refuser à l'entrée d'un bar ou d'une boîte. Franchement, ça pèse ! »
Pour autant, il ne cache pas ses origines algériennes, et les met même en avant. Question usuelle : et s'il fallait choisir ? « Je suis un petit beur breton ! J'ai peut-être même tendance à préférer une bonne galette à un couscous ! Preuve que je suis bien déraciné ». Ou plutôt bien enraciné.
Enraciné aussi sur la scène locale puisqu'il fait désormais partie des artistes dont on entend le plus parler dans le secteur. Courant 2009, sa quatrième réalisation sortira, en auto production probablement. Alee relativise vite : « Quand on est un artiste, indépendant, autoproduit, et qu'on arrive à faire des festivals comme les Francofolies ou l'Elysée Montmartre avec MAP, ce sont des moments qu'on savoure plus que si, derrière, on a une grosse maison de disques. C'est sûr que si on avait la possibilité de faire plus, on ne cracherait pas dessus, mais on ne lâche pas le combat ! »
Pratique :
Vendredi 11 avril à 20h, L'intervalle à Noyal-sur-Vilaine, Cie Hors Cadre + Alee en trio. 8 à 12 euros.
Super concert. Drôle, touchant, engagé. Bon spectacle à découvrir. Je connaissais de nom et suis content de les avoir vu.
sympa la vidéo. Ca change ! c'est tellement mieux quand cest en images !! Je connaissais pas trop cet artiste, hop un tour sur son myspace et me voilà un peu moins bête. Cest pas mal effectivement!
Découvrir le Mensuel de Rennes.











Jeudi 31


